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Charroux, sur les pas d’un pèlerin

Charroux, petite cité de caractère, surnommée la cité au trésor, se situe dans le sud de la Vienne (à une cinquantaine de kilomètres de Poitiers), sur le parcours d’un des chemins de Saint Jacques de Compostelle. Ce chemin a façonné ce village, désormais paisible, mais au riche passé. L’office de tourisme de cette petite bourgade propose justement un circuit détaillé pour se glisser dans la peau d’un pèlerin, et découvrir les trésors de l’époque médiévale de Charroux. Même si le village a bien changé depuis, des panneaux explicatifs vous montrent ce passé pas si lointain et vous emmène sur le parcours d’un pèlerin de Saint Jacques arrivant en ville.

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Suivez-nous une fois de plus dans un plongeon vers une époque fascinante, glissez vous dans la peau d’un pèlerin à la découverte d’un circuit historique et d’un village charmant au coeur du Pays Civraisien.

Un peu d’histoire

L’histoire de ce village est marqué par la construction de son abbaye, l’abbaye Saint Sauveur, fondée par le comte Roger de Limoges et sa femme sous Charlemagne, au VIIIème siècle, au alentour de 783. L’abbaye fut créée à un carrefour de voies entre Poitiers, Angoulême et Limoges, sur le trajet du pèlerinage de Compostelle. Toutefois, avant même la construction de l’abbaye, une source se trouvait sur ce carrefour et faisait l’objet de rites païens.

L’abbaye, grâce à ses nombreuses reliques, dont des fragments de la Croix du Christ nommée le Digne Vœu, devint un centre spirituel de premier plan. Le village fut ensuite construit à la suite de l’abbaye. Elle attirait les pèlerins pour ses reliques et des constructions furent édifiées en conséquent, des aumôneries, une chapelle dédiée à Saint Jacques…

Le développement du village se fait sur deux versants d’un ruisseau, désormais souterrain, canalisé par les moines, le Merdanson ou Verdanson. Sur la rive gauche ,  Bourg-l’Abbé étend son influence autour de l’Abbaye Saint Sauveur, et sur la rive droite Bourg-le-Comte se développe autour du château des Comtes de Charroux. Les deux villages se concurrencent dès lors, et ce n’est qu’au XVème siècle que les deux sont réunis dans un seul et même village.

La guerre de Cent Ans et les guerres de religion marquent le déclin de l’abbaye avec saccages et pillages, une des églises disparue même, utilisée comme carrière de pierres. Aujourd’hui en ruine, l’abbaye est tout de même classée monument national.

Les circuits historiques

Deux circuits piétons s’offrent à vous, l’un uniquement dans Bourg-l’Abbé, l’autre plus long, vous mènera à la découverte de tout le village. Le premier circuit, plus court, vous permettra de voir l’essentiel de Charroux en peu de temps.

La carte distribuée par l’office de tourisme, et laissée entre les mains de Petit Pois

Petit Pois et moi avons choisi le circuit complet, celui qui nous a fait découvrir Bourg-l’Abbé et Bourg-le-Comte. Ce circuit nous a pris une après-midi, avec une pause goûter pour bébé, et en prenant notre temps. Pour de bons marcheurs deux heures suffisent.

Le circuit

L’office de tourisme, qui touche l’abbaye, fut notre point de départ. Malheureusement pour nous l’abbaye était exceptionnellement fermée. Ne faites pas comme moi, appeler l’office de tourisme pour être sûre de pouvoir également la visiter! Je me permettrait de modifier cette article plus tard lorsque je l’aurai fait. Néanmoins on peut tout de même admirer la tour Charlemagne de l’extérieur, symbole de la ville.

La première étape vous emmène à la fontaine Saint Sauveur et la place Saint Pierre, devant l’abbaye. Cette fontaine ne date que de 1849, mais sa présence est là pour rappeler que la source d’eau fut à la l’origine de l’emplacement de l’abbaye. Cette source miraculeuse était réputée pour guérir les lépreux et les maux de ventre entre autre.

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La fontaine Saint Sauveur

Nous n’avons qu’une route a traverser pour nous trouver devant les Halles datant du XVIème siècle, avec son imposante charpente en bois. C’est aujourd’hui le coeur du village, les commerces s’organisent autour de cette place des Halles.

Au bout de la place se trouve une maison à colombage en bois du XVIème siècle qui a l’époque était un commerce, c’est part là que nous entraine notre parcours, vers la place du Parvis. La question que l’on peut se poser c’est la place du parvis de quoi ? Pour savoir cela il faut se plonger dans une autre époque, celle ou l’église abbatiale était présente à cet endroit, et où les pèlerins se rassemblaient en masse face aux échoppes des commerçants. Une photo-montage affichée sur cette place vous montrera à quoi les lieux devaient ressembler, mais on a tout de même du mal à imaginer que ce fut un lieu de rencontre bondé tant la place du Parvis est paisible.

Juste à côté se trouve le jardin public, le Clos du pèlerin, certes petit, mais poétique comme un jardin secret, un peu en friche en ce début d’automne.

Puis vous passez sous le porche de l’Aumônerie, ou les pèlerins étaient accueillis à partir du XIIIème siècle. Sous le porche à droite se trouvait l’accueil des pèlerins, et à gauche la boulangerie.

Après un court effort (oui ça grimpe un peu), on arrive à l’église Saint Sulpice, d’où la vue sur l’abbaye est magnifique.

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L’église Saint Sulpice

Vous découvrirez également la maison de Robert Charroux, un écrivain globe-trotter qui prit comme nom de famille le nom de sa ville d’adoption. Il participa à la sauvegarde de la Place des Halles également.

Puis il faut se repérer parmi les petites rues pour rejoindre la rue des Soupirs où une vue panoramique sur tout le village vous attend.

Afin de rejoindre la rue du Merdanson, on s’oriente à travers des ruelles pittoresques, et on a pas de mal à imaginer ces mêmes ruelles au Moyen-âge tant leur organisation est anarchique… et c’est ce qui fait tout leur charme ! On a envie de s’y perdre à la découverte de cette petite maison à la porte bleue, de ce sentier qui nous fait nous sentir en dehors de la ville au coeur même de Bourg-l’Abbé.

Le Merdanson étant sous-terrain ne le cherchez pas, mais la rue du Merdanson marquera votre passage sur sa rive droite et Bourg-le-Comte. Le nom de ce ruisseau signifierait la voie, le chemin des cygnes, venant peut être d’un passé lointain où des cygnes devaient passer par le ruisseau. Dans Bourg-le-comte un changement d’atmosphère s’opère, et les rues qui montent jusqu’à la Place de la République possèdent un peu moins de charme que celles de Bourg l’Abbé. Du château des Comtes, il ne reste que le nom de quartier du Château.

Il est temps pour Petit Pois et moi de faire une pause goûter dans une boulangerie faisant également salon de thé à l’ambiance chaleureux et aux gâteaux succulents !

On change un peu le circuit initial pour rejoindre le chemin du Creux, un sentier piéton plein de charme qui vous donnera un autre point de vue sur toute la ville, mais cette fois des hauts de Bourg-le-Comte. À l’époque les pèlerins de Compostelle faisaient leur entrée en ville par ce passage embrassant de vue l’abbaye et le panorama sur toute la ville.

En passant par la rue de la Batterie, on y découvre que le sous sol de Charroux est « tout cabourne », selon l’expression locale, des caves naturelles s’y trouvent et sont exploiter depuis l’époque romane.

Pour prolonger le plaisir, à la sortie du village en direction de Ruffec, vous découvrirez un magasin de producteurs avec des produits locaux, dont les jus de pommes Gargouil produits à Charroux. C’est une petite cité pleine de cachet que nous avons découvert au cours de cet après-midi maman-bébé, et c’est avec plaisir que je vous ferai découvrir à nouveau mon Poitou-Charentes dans un prochain article.

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